
Soyons honnêtes. La phrase « Je fais ça pour moi » est probablement l’un des plus grands clichés du monde de la médecine esthétique. On la retrouve dans tous les articles, toutes les consultations et presque toutes les publications sur les réseaux sociaux. À force de l’entendre, elle finit par sonner faux, comme une phrase qu’on se répète pour se convaincre plutôt qu’une conviction profonde.
Je le sais, parce que pendant longtemps, je n’y croyais pas non plus.
Le cliché qui me faisait lever les yeux au ciel
Bien avant de prendre rendez-vous pour une consultation, j’entendais cette phrase partout. Des amis la disaient. Des influenceurs la répétaient. Même les brochures des cliniques la mettaient de l’avant.
Et chaque fois, je me disais : Vraiment?
Je trouvais difficile de croire qu’une personne choisisse un traitement esthétique uniquement pour elle-même. Il y a toujours un miroir, une photo, un anniversaire qui approche, un ancien partenaire ou simplement le regard des autres qui influence, consciemment ou non, notre décision.
Alors, lorsque je me suis finalement assis dans le fauteuil de consultation, je n’ai pas essayé de faire semblant. J’ai dit franchement à mon professionnel de la santé :
« Je ne sais pas si je fais ça pour moi ou pour les autres, et j’aimerais comprendre la réponse avant de prendre une décision que je pourrais regretter. »
Ce qui motivait réellement ma démarche
Ce qui m’a surpris, c’est que la réponse n’avait finalement rien à voir avec le regard des autres.
Elle avait tout à voir avec le mien.
Il m’arrivait de croiser mon reflet dans une vitrine ou un miroir et de ressentir un léger malaise. Pas un choc, pas une grande insatisfaction… simplement un petit décalage entre la personne que je me sentais être et celle que je voyais.
Et ce sentiment apparaissait lorsque j’étais seul. Sans appareil photo. Sans public. Sans chercher à impressionner qui que ce soit.
C’est là que j’ai compris que c’était le véritable signal.
Il m’a fallu plus de temps que prévu pour distinguer deux motivations qui peuvent sembler identiques de l’extérieur, mais qui sont très différentes à l’intérieur : vouloir avoir une certaine apparence pour les autres, ou vouloir simplement se sentir bien dans son propre visage.
Le test que je me suis imposé
Si vous vous demandez si vos motivations sont les bonnes, voici la question qui m’a le plus aidé.
Si je pouvais obtenir le résultat souhaité, mais que personne ne sache jamais que j’ai eu recours à un traitement, est-ce que je le voudrais quand même?
Si la réponse est oui, il y a de fortes chances que cette décision vienne réellement de vous.
Si la réponse est non, cela vaut peut-être la peine de prendre un peu plus de recul avant de passer à l’action.
Je me suis aussi donné du temps.
Je ne voulais pas prendre une décision après une rupture difficile, une mauvaise semaine ou un moment de vulnérabilité. Pendant plusieurs semaines, je me suis simplement observé. Est-ce que ce sentiment revenait aussi lors des journées les plus ordinaires?
Oui.
Et cette constance m’a davantage convaincu que toutes les photos « avant-après » que j’avais consultées.
Quand un cliché devient une vérité
Oui, « Je fais ça pour moi » est un cliché.
Mais les clichés le deviennent souvent parce qu’ils contiennent une part de vérité.
Avec le recul, je pense que cette phrase mérite d’être réhabilitée plutôt que tournée en dérision.
Je ne suis pas entré à la clinique en y croyant.
J’en suis ressorti après avoir remis cette idée en question, l’avoir examinée honnêtement et avoir réalisé qu’elle s’appliquait réellement à moi.
Il y a une différence entre répéter une phrase toute faite… et en arriver soi-même à cette conclusion.
Si vous êtes dans cette période d’hésitation, où vous cherchez encore à comprendre si cette démarche répond à vos propres attentes ou à celles des autres, sachez que vous n’êtes pas seul.
Et surtout, vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses avant votre première consultation.
Parfois, c’est justement cette conversation qui permet de reconnaître la voix que l’on souhaite vraiment écouter.
Ce qui a changé… et ce qui n’a pas changé
Mon visage a très peu changé.
C’était d’ailleurs l’objectif.
En revanche, ce qui m’a le plus surpris, c’est tout ce qui n’a pas changé.
Je continue à hésiter devant ma garde-robe.
Je réfléchis encore trop longtemps avant d’envoyer certains courriels.
Le traitement n’a pas transformé ma personnalité, et il n’était jamais censé le faire.
En revanche, il a fait disparaître ce petit malaise que je ressentais chaque fois que je croisais mon reflet.
Et, finalement, c’était exactement ce dont j’avais besoin.
Une conversation avant tout
Si vous envisagez un traitement ou une intervention esthétique, mais que vous souhaitez d’abord réfléchir à vos motivations, prenez rendez-vous avec notre équipe.
Parfois, la partie la plus importante du processus n’est pas le traitement lui-même.
C’est la conversation honnête qui le précède.